Ciel étoilé

Publié le par Emmanuel

L'autre soir, j'étais dans le piémont, aux pieds de la montagne quoi. Celle qu'on appelle la "montagne noire" (pour de vrai, c'est son nom et j'adore ce nom). Quand j'ai levé la tête, j'ai vu des étoiles comme je n'en avais pas vu depuis des années je crois. Peut être comme la première fois où mon amour m'a embrassé.
Je suis resté stupéfait devant ce ciel étoilé. Magnifique. Les mots sont trop faibles.
C'est là que je me suis dit que j'étais vraiment un blaireau des villes.

Le blaireau des villes, comme moi, il vit dans un immeuble avec 13 étages en face d'une avenue. Le matin, il se fait réveiller par le "bip bip" du camion poubelle. Quand il se rendort, il se fait re-réveiller par le voisin consciencieux qui fait tourner le moteur de sa moto un quart d'heure pour être sur qu'elle est chaude comme sa mère. Quand il regarde par la fenêtre, le blaireau des villes, il voit des rues et des voitures et des gens qui ont l'air de penser à des trucs sous leurs parapluies noirs et gris. Alors il regarde pas par la fenêtre. Il imagine.
Puis le blaireau des villes, il travaille sur son ordinateur. Et le soir, parfois, il regarde la télé. Comme ça, par écran interposé, il continue d'imaginer. D'ailleurs, au dessus de son épaule, sur un post-it, y a écrit "daydream".

Mais avant d'être un blaireau des villes, j'étais un redneck de la campagne.

Le redneck de la campagne, comme moi, il vit dans une maison au milieu de nulle part. Le matin, il se fait réveiller par le chant des oiseaux. Quand il se rendort, il se fait re-réveiller par le petit chat tout blanc qui a faim et qui veut manger sa pâté délicatement conditionnée dans des sachets fraîcheurs. Quand il regarde par la fenêtre, le redneck de la campagne, il voit des champs et des arbres et des gens qui ont l'air de penser à des trucs sous leurs parasols Ricard. Alors il regarde par la fenêtre. Il imagine.
Puis le redneck de la campagne, il travaille au contact des gens. Et le soir, parfois, il regarde le ciel étoilé. Comme ça, à travers les nuages, il continue d'imaginer. D'ailleurs, au dessus de son épaule, sur un post-it, y a écrit "today is the day".

Rat des villes ou rat des champs, je n'en suis pas moins homme (Socrate).

PS : non c'est pas Socrate qui a dit ça, mais ça fait bien de le citer. C'est le prof de philo du lycée qui me l'a dit en 1995.

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Publié dans Misc

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