DEATH TO le marathon des mots
Petit message à caractère informatif :
La famille Poivre d'Arvor n'a pas qu'une égérie au populaire journal
de TF1. Elle a aussi généré un écrivain de haut vol en la personne
d'Olivier Poivre d'Arvor. Une personnalité culturelle incontournable
en France, du moins à Toulouse depuis peu...
Au printemps 2004 ce héraut parisien des belles lettres a eu l'envie
soudaine de réaliser un festival en province avec le soutien
d'Olivier Gluzman (décoré Chevalier de l'ordre des Arts et des
Lettres par Renaud Donnedieu de Vabres actuel ministre de la Culture
et de la Communication).
Il a été accueilli à bras ouverts dans la ville rose par son
camarade Philippe Douste-Blazy. Sans tarder, à l'automne 2004, le
Conseil municipal a accordé à l'association parisienne "Toulouse le
Marathon du Livre" un budget triennal de 400.000 euros pour mettre
en place le "Marathon des Mots".
Cette coquette somme a permis de démarrer sur les chapeaux de roues
la première édition du festival au printemps 2005. Face au succès de
la première édition, les organisateurs remettent le couvert cette
année avec une pleïade d'artistes dociles, et en présidente
d'honneur a priori la ravissante et anecdotique Carole Bouquet.
La perspective d'un tel festival peut-être alléchante. Cependant ces
400.000 euros sont un pactole indécent agité au nez et à la barbe
d'associations locales qui travaillent toute l'année pour faire
vivre culturellement notre belle cité et peinent à obtenir les
subventions suffisantes pour survivre.
Et encore, je ne parle pas des maigres budgets de certaines maisons
de quartiers et MJC... quand elles existent.
Les animateurs ayant travaillé dans ces structures peuvent aisément
témoigner des difficultés à monter des dossiers de subventions
(communales, départementales, régionales, d'Etat ou de l'Europe)
pour soutenir des initiatives culturelles associatives. De plus en
plus les dossiers sont mis en compétition et orientés vers des
fondations privées financées par des entreprises, très sélectives et
soucieuses d'afficher une vitrine de respectabilité.
Il ne sera pas non plus utile de s'attarder sur les contrats
précaires offerts en toute impunité par la municipalité à des
intervenants culturels dans ces infrastructures.
D'ailleurs nombre de partenaires du "Marathon des Mots" ne font que
corroborer mes propos dans l'implication de sponsors privés ou peu
recommandables : Centres E. Leclerc, Fondation La Poste, Fondation
Jean-Luc Lagardère, Laboratoire Pierre Fabre, SACEM, Airbus, Gaz de
France Midi-Pyrénées, Caisse d'Epargne Midi-Pyrénées, Voyageurs du
Monde, Capitole Automobile, Vinci Park, Crowne Plaza de Toulouse,
Signes de Terres, La Dépêche du Midi, Le Journal du Dimanche, Lire,
Télérama, France Télévisions / France 3, TLT, Evene, France Inter,
France Info, France Culture, Les Cahiers du Cinéma, Le Monde,
Castéla, Floury Frères, La Renaissance, Ombres blanches et Privat.
N'attendez pas des médias précédemment cités d'apporter une
information contradictoire sur cet événement. Ils s'en tiendront
seulement à promouvoir le "Marathon des Livres".
L'an dernier des personnes mobilisées avaient organisé en parallèle
un contre-festival. Ce n'est pas encore à l'ordre du jour. Cependant
un appelle au boycott du Marathon des Mots n'est pas le mal venu.