De peer en peer

Publié le par Yeepee

Dans le débat sur le Peer to Peer, on assiste à des situations inédites. La musique est depuis longtemps une industrie qui vend -comme toute autre- des produits. Pourtant, il semble qu'il reste quelques caractéristiques propres qui font qu'on se rappelle parfois que derrière ces produits culturels, il peut y avoir des hommes, et aussi une écriture, une âme, une subjectivité, un regard particulier.
C'est peut être pour cela (surement pas en fait mais ma naiveté me le laisse croire) que l'on demande aux artistes leur avis sur la question. Certains sont pro-licence globale, certains sont contre et veulent préserver leurs privilèges. En tous cas, la parole leur est souvent donnée.

C'est un peu comme si on donnait la parole à des yaourts. Pour savoir de quelle manière ils souhaiteraient être vendus.
Monsieur Yaourt peut préférer percevoir un forfait du nombre de petits pots de yaourt qui sont vendus ou au contraire être rétribué au pot de yaourt vendu ? Avec les majors du yaourt (Danone en tête) et les labels indépendants (ma grand-mère, qui privilégie bien sur la qualité, l'authenticité et la traçabilité des produits).
Parce que c'est vrai, les yaourts de mamie, en général, ils sont bien meilleurs que ceux de Danone. Y a des vrais morceaux de fruits dedans et surtout, ils sont fait avec amour. Et ils gardent toute leur saveur.

Alors pourquoi on pourrait pas faire de la musique comme ma mamie fait des yaourts ? En économie, c'est ce qu'ils appellent les "filières de distribution courte". Ou "short distribution" (euh non, ça c'est moi qui l'invente...). Ca veut dire qu'on passe directement ou presque du producteur au consommateur. Sans intermédiaires qui se servent grassement au passage. Evidemment, ça veut dire moins de visibilité, une distribution limitée et peu de rendement. So fuckin' what !!! ?

Les disques sont voués à se dématérialiser. Les gens téléchargeront par internet la musique directement. On va sortir des logiques de production>distribution>promotion pour entrer dans une nouvelle ère de PROMOTION tout court. Comme c'est déjà le cas avec la mode des playlists et des compils en tout genre, on voudra même plus d'album complet mais une "compilation" des morceaux qu'on aime (de différents artistes). Les morceaux enregistrés ne serviront probablement qu'à attirer les gens aux concerts. Ils deviennent simplement un "produit d'appel". Le business des tournées n'en est prrobablement qu'à son début.
Du côté obscur de la force, celui du fantasme underground, on privilégiera là aussi la qualité, l'authenticité et la traçabilité des produits. Comme mamie. On continuera même peut être à vendre du support cd ou dvd mais dans des conditionnements travaillés, customisés, personnalisés et attirants. Et des gens seront encore assez fous pour les acheter. Et certaines personnes continueront à faire de la musique pour eux. Et ils continueront à pas gagner leur vie grâce à ça, à perdre de l'argent, à travailler des heures et des heures pour rien, à faire un truc futile qui ne concerne qu'un public limité. Mais aussi à rencontrer des gens, à passer du temps, à refaire le monde, à rire aux éclats alors que la vie est triste hélas, et à être cynique au point de faire des choses inutiles et non rentables.
L'honneur sera sauf. Mamie peut être pas.


Publicité

Publié dans Misc

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article
B
Vaste débat, personnellement, depuis plus de 10 ans que je suis un peu dans ce mileu, je crois que si les majors veulent s'en sortir, ils n'ont qu'à faire comme les indépendants, sortir des disques qui ont enfin un peu de gueule, se prendre un peu la tête sur les packaging, faire des choses nouvelles ou travaillées. Je suis désolé, mais moi j'ai du malo à acheter un disque à 20 euros à la fnac qui est dans un pauvre boitier plastique avec un 4 pages.<br /> Il ne faut pas se foutre de la gueule du monde, le peer to peer est une solution que l'on utilise tous pour avoir deux ou trois merdes dans nos discothèques que l'on n'achèterait jamais de toute facon, pour découvrir des groupes sans être obligé d'acheter le disque pour être sur que ca nous plait, et enfin pour avoir des disques introuvables, ou des lives...<br /> Il en est de même pour le téléchargement légale, à 99 centimes le morceaux et 10 ou 12 euros l'album, je usis désolé, mais ca fait cher le mp3. <br /> La solution n'est pas là, elle est dans la qualité, arrêter de vendre et produire de la musique comme un produit standart ( le coup des yaourts ) et se rendre compte que la musique, ce n'est définitivement pas un produit comme tous les autres.<br /> Enfin, franchement, 15 ou 20 euros pour un disque, c'est quand même bien n'importe quoi, ils n'ont qu'à réduire leurs marges, et ca se vendra mieux.<br /> Ps ( j'ai pas le choix, j'ai déja dis enfin :) ) : je rappellerais quand même que l'on paye la taxe socerop sur tous les disques dures, cd vierges, mp3... pour palier à la perte des droits du au piratage, alors merde, je vois pas pourquoi on pourrait pas télécharger n'importe quoi si on paye déja une taxe.<br />
Répondre